Comment ne PAS prendre de « bonnes résolutions » pour 2019 !

Petits fours, champagne à minuit et … bonnes résolutions : une trilogie que nous connaissons tous très bien ! Mais, même si la formule sonne bien, ce n’est pas le tiercé gagnant, je vous assure !

Allez, soyez honnête : combien de bonnes résolutions avez-vous déjà prises en début d’année, avec enthousiasme et conviction, pour finalement les enterrer discrètement deux ou trois semaines plus tard ? Vous savez, tous ces « cette année, c’est décidé, je vais perdre du poids, adopter une hygiène de vie saine, me mettre au sport, trouver un emploi, faire ce voyage tant rêvé, arrêter de fumer, apprendre l’anglais …. ». Toutes ces bonnes intentions, tous ces souhaits qui finissent hélas bien vite aux oubliettes, en nous laissant un goût amer de déception et d’échec, que nous avalons plus ou moins stoïquement.

Rassurez-vous, vous n’êtes pas seul(e) à avoir vécu cela, encore et encore. Chaque année, des millions de personnes font comme vous. Alors ne culpabilisez pas ! Car ce n’est pas votre faute, c’est juste que les bonnes résolutions, …. ça ne fonctionne pas !!

Alors, moi, c’est décidé, je ne prendrai aucune bonne résolution cette année. Par contre, pas question de renoncer à mes souhaits ! Pour les réaliser, j’opte pour un système qui marche et qui a fait ses preuves : je me fixe des objectifs ! Tentez l’expérience et vous allez voir que ce n’est pas du tout, mais alors pas du tout, la même chose !

1.  Transformer ses souhaits et bonnes résolutions en objectifs clairs et précis

Pourquoi est-ce que les « bonnes résolutions », ça ne marche pas ? Simplement parce qu’elles ne nous engagent à rien de précis. Et du coup, au moment d’agir pour les mettre en œuvre, il ne peut se passer que deux choses : soit nous sommes bloqués parce que nous ne savons pas par où commencer, soit nous nous agitons dans tous les sens, sans plan ni logique, jusqu’à nous épuiser et jeter l’éponge.

Une bonne résolution n’est qu’un souhait, un concept vague, un peu comme un rêve, un trésor enfoui quelque part. Mais qui donc partirait à la chasse au trésor, sans « carte du trésor » ! Eh bien la « carte au trésor », c’est un objectif bien ficelé : à la base, il y a le même rêve, le même trésor convoité, mais on y ajoute un itinéraire détaillé et une boussole pour s’orienter !

Transformer nos « bonnes résolutions » en « objectifs » va donc nous permettre d’avancer concrètement dans la réalisation de ce à quoi nous rêvons, de passer du rêve à la réalité. Mais qu’est-ce qui fait concrètement la différence entre une bonne résolution et un objectif ? Ou, en d’autres termes, comment définir de bons objectifs, qui ne finiront pas aux oubliettes avec nos bonnes résolutions ?

La première astuce est de les mettre par écrit.  Tant qu’ils ne sont pas fixés sur le papier, nos objectifs ne sont que du vent. Alors : prenez un stylo et du papier.   

Ensuite, écrire va structurer votre réflexion sur vos objectifs, vous permettre de les préciser. Consentez à cet effort, accordez-vous le temps nécessaire, vous ne le regretterez pas ! En effet, il ne suffit pas de lister vaguement vos objectifs sur un bout de papier. Si vous notez simplement « arrêter de fumer », il y a peu de chance que vous y parveniez. Il vous faut creuser l’idée : pourquoi voulez-vous arrêter, à partir de quand, brutalement ou progressivement, avec ou sans aide extérieure, comment noterez-vous vos progrès, comment entretiendrez-vous votre motivation, etc. » Si vous voulez que votre objectif puisse générer une « carte du trésor », vous devrez le décrire en détail, avec ce qui vous motive et ce qui vous permet de visualiser le résultat. Ne notez pas « je veux apprendre l’anglais », mais « je vais m’inscrire à l’université populaire à un cursus de trois ans de cours hebdomadaires d’anglais pour apprendre à communiquer plus facilement lors de mes voyages à l’étranger ».

2.  Tracer une feuille de route détaillée, une « carte au trésor » pour chaque objectif

Une fois que votre objectif est décrit de manière générale (point 1.), vous devrez dessiner la « carte au trésor » qui conduit à sa réalisation. Pour cela, vous allez dresser la liste de toutes les actions à mener pour réaliser votre objectif. Vous allez le décomposer en une succession de petites étapes, des sous-objectifs, de manière à pouvoir élaborer un plan, un véritable itinéraire de petits pas, conduisant au résultat souhaité.

Si nous reprenons l’exemple du sevrage tabagique, il s’agira de définir toutes les actions concrètes à prendre pour vous défaire de l’habitude de fumer : par exemple se renseigner sur les méthodes proposées, les soutiens possibles, noter pendant quelques temps sa consommation pour bien comprendre ce qui déclenche l’envie de fumer, lister ce que le fait de ne plus fumer va apporter de positif pour pouvoir y puiser de la motivation, commencer par réduire sa consommation, supprimer certaines cigarettes en répondant au déclencheur d’envie par une autre stimulation, prévoir des récompenses pour les premiers caps franchis, etc.. Vous constaterez que certains de ces éléments sont des préalables à d’autres et vous verrez émerger un ordre d’actions qui vous semblera logique et réalisable. Ajouter une date d’exécution à chacune de ces petites actions et vous aurez tracé votre feuille de route personnalisée. Chaque jour, chaque semaine, vous n’aurez qu’à vous y reporter pour savoir exactement ce que vous devez faire pour progresser vers votre objectif.

Reproduisez cette analyse pour chacun des objectifs que vous avez listés sous le point 1.

3.  Planifier et coordonner la réalisation de tous ses objectifs

A ce stade, vous allez probablement avoir plusieurs feuilles de route, pour plusieurs objectifs. Il va falloir mettre de l’ordre dans tout cela, pour ne pas vous perdre en chemin.

Quand il y en a plusieurs, planifier ses objectifs, cela ressemble un peu à un ensemble de poupées russes (vous savez, ces poupées qui s’emboitent les unes dans les autres) :

  • La liste des objectifs que vous avez dressée sous le point 1 constitue votre point de départ (c’est la plus grande de vos poupées russes). Certains de vos objectifs dépasseront probablement le cadre de la seule année 2019, parce que plus longs à réaliser. A ce stade, il s’agira d’une simple liste générale, sans plus de détails ni précision. Mais cette liste est importante, car il s’agit de votre vision du futur, l’ébauche de ce que vous entendez faire de votre vie. Vous pourrez par exemple ancrer vos objectifs dans un plan triennal. Pour un objectif général d’étudier, par exemple, vous pourrez définir la date de début de vos études, le nombre d’années nécessaires pour l’obtention du diplôme que vous visez, et la date (approximative) de l’examen final en dernière année ;
  • Puis vous planifierez les sous-objectifs que vous aurez identifiés (voir point 2.) dans des « poupées » de plus en plus petites, à mesure que vous entrerez dans les détails de votre feuille de route. A vous de voir combien de « poupées russes » vous souhaitez utiliser. Dans un plan annuel, vous pourrez ensuite noter les différentes étapes à réaliser dans l’année en cours. Il pourra s’agir d’un objectif complet ou bien d’un sous-objectif pour quelque chose de plus long à mettre en œuvre. Dans l’exemple des études, il s’agirait par exemple de la première année, avec les démarches pour l’inscription, l’achat de livres et matériel d’étude, le choix des sujets d’étude et des matières optionnelles, etc.

Jusque-là, l’aperçu reste assez approximatif. Il s’agit plutôt d’une « vision » générale du chemin que l’on a l’intention de parcourir.

  • Dans un plan trimestriel, les choses se précisent. Vous allez pouvoir déterminer beaucoup plus précisément les étapes à suivre, par exemple, en janvier, février et mars. Dans notre exemple des études, nous pourrions avoir : remplir les documents de candidature, prendre des photos d’identité, éventuellement compléter un stage à l’avance ou prouver vos compétences linguistiques, ou encore préciser son emploi du temps, son organisation du travail, etc. Ces plans à moyen terme sont très utiles pour gérer les priorités sur une période donnée.
  • Enfin, à chaque début de mois, vous pourrez entrer dans des détails plus opérationnels et saisir les étapes du mois en question dans votre plan mensuel et/ou dans des listes de tâches hebdomadaires. En puisant dans ces listes, chaque jour, vous saurez exactement quoi faire pour atteindre le ou les objectifs que vous vous êtes fixés, sûr(e) que chacune de ces petites tâches constitue un petit pas utile et nécessaire vers votre but ultime.

Les plans avec lesquels vous voulez travailler sont entièrement les vôtres, à personnaliser selon vos goûts et votre tempérament. Je vous ai proposé un découpage sur certaines périodicités (3 ans, 1 ans, 3 mois, 1 mois, 1 semaine, 1 jour), mais vous pouvez bien sûr en choisir d’autres, en retenir moins, en les adaptant à votre « sauce ». Vous pouvez travailler avec des listes ou un agenda, ou même combiner les deux.

4.  En tous cas, rester réaliste et pragmatique

NE PAS CHASSER TROP DE TRÉSORS À LA FOIS

  • N’en faites pas trop : une année qui commence semble très longue et nous avons tendance à vouloir la remplir de mille choses. C’est oublier que la vie quotidienne nous accapare déjà beaucoup. Choisissez bien vos priorités : vous ne pouvez pas courir 36 chasses au trésor en même temps ; choisissez bien vos objectifs parmi ce qui vous tient vraiment à cœur.
  • Ne remplissez jamais totalement vos journées : limitez-vous à planifier 60% de votre temps (c’est déjà énorme, croyez-moi). Les 40% restant, vous ne les verrez pas passer (le coup de fil de votre meilleure amie, la commande en ligne pour ne pas manquer la super promo, l’article passionnant dans le journal et la faible motivation du matin vont largement les remplir).

SAVOIR S’ADAPTER AUX ALÉAS DE LA VIE

Soyons honnête : même si vous vous fixez méticuleusement des objectifs détaillés, la vie n’est pas un long fleuve tranquille et elle ne va pas se priver de nous faire subir bien des turbulences. Alors ne soyez pas surpris si vos plans ne se déroulent pas toujours exactement comme prévu.

Dites-vous que votre planification, c’est un peu comme lorsque vous préparez un itinéraire de voyage en vous aidant d’une application : vous avez entré le point de départ, le point d’arrivée, peut-être quelques étapes intermédiaires, et l’application vous donne le nombre de kilomètre et la durée prévue pour le voyage. Mais bien sûr, l’application ne peut prévoir la déviation pour cause de travaux, l’embouteillage monstre en raison d’un accident, le coup de fatigue qui vous oblige à vous arrêter, le bon restaurant d’étape qui vous retient plus longtemps que prévu…

Bref, vous voyez où je veux en venir : votre itinéraire n’est qu’un fil conducteur, en aucun cas un rail sur lequel vous êtes vissé ! Et le mot d’ordre est FLEXIBILITÉ.

Car le système ne fonctionne pas sans flexibilité. Et les objectifs ne doivent pas être gravés dans la pierre, mais servir de feuille de route approximative. Donc pas de panique si en relisant votre plan annuel, vous vous rendez compte que vous avez dévié de votre route. Demandez-vous plutôt pourquoi et réajuster votre itinéraire à la nouvelle donne.

Parce que la vie nous sème des obstacles, et aussi de nouvelles opportunités. Et parce que nous avons le droit de changer d’avis, tout simplement !

A vous de jouer maintenant : bonne chasse au(x) Trésor(s)

 

5 incontournables pour (re)prendre sa vie en main

Prendre sa vie en main, c’est un peu comme prendre le contrôle d’un bateau. Alors, imaginez que votre vie est un voyage à bord d’un voilier, et que vous en êtes le capitaine : voilà de quoi vous aurez besoin.

  1. Il vous faut une destination

Aucun capitaine digne de ce nom ne prendra la mer sans savoir où il veut aller, à moins de choisir de se laisser porter par les vents et balloter par les courants. Or ce n’est pas ce que vous voulez, n’est-ce pas, puisque vous voulez prendre votre vie en main ? Mais comment voulez-vous être maître de votre vie, si vous ne savez pas ce que vous en attendez ? La première chose à faire est donc de vous demander où sont vos priorités, quels sont vos objectifs dans la vie.

Prenez quelques minutes, là, maintenant, et posez-vous la question suivante : où est-ce que je veux être dans 5 ans ? Vous avez des difficultés à répondre ? Dans ce cas, avant d’aller plus loin, il va falloir trouver vos réponses à cette question. Et je dis bien VOS réponses, pas celles que vous insufflent vos parents, vos enseignants, ou qui que ce soit d’autre. Qu’est-ce qui est important pour vous ? Quelles sont vos valeurs, quelles sont vos sources de joie et de satisfaction, quels sont vos rêves ? Définissez vos priorités, choisissez votre destination, sinon quelqu’un d’autre le fera pour vous …

Il n’est pas de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il va. Sénèque
  1. Il vous faut un cap, une carte et des repères

Maintenant que vous savez où vous voulez aller, il vous faut planifier votre route. Vous avez besoin :

  • d’un cap pour aller dans la bonne direction : ce seront vos objectifs à long terme
  • d’une carte avec vos étapes : vos objectifs à moyen terme
  • de repères pour avancer au quotidien : vos objectifs à court terme.

Vos objectifs à long terme devraient découler directement des priorités que vous avez identifiées précédemment. Puis vous définirez, pour chacun d’eux, les étapes à franchir pour les réaliser : ce seront vos objectifs à moyen terme. Et enfin, chaque jour, chaque semaine, il vous faudra planifier des actions qui permettront de mettre en oeuvre ces différentes étapes. Voilà encore une réflexion importante à mener. Eh oui, personne n’a dit que c’était facile. Mais c’est de votre chemin de vie qu’il s’agit, alors ne laissez pas les autres le tracer pour vous.

Le secret, c'est de vivre au jour le jour, ici et maintenant, et de bien hiérarchiser les    objectifs. Il y a la montagne à gravir et les étapes pour arriver au sommet. Ces étapes sont votre quotidien. Yannick Noah
  1. Une boussole

Même lorsque nous nous fixons des objectifs, ils sont parfois bien malmenés par les priorités que nous impose le rythme effréné du quotidien – des priorités qui ne sont d’ailleurs pas toujours les nôtres… Avec le temps, nous finissons même par perdre de vue notre projet de vie et nos objectifs à long terme. Il n’est vraiment pas facile de garder le cap, n’est-ce pas ? C’est pour cela que vous devez vous doter d’une boussole qui vous permettra, en tant que capitaine de votre vie, de contrôler régulièrement la cohérence de vos données de navigation. En d’autres termes, fixez vous régulièrement des rendez-vous avec vous-même pour faire un bilan de vos réalisations,  et vérifier si vous n’avez pas perdu de vue vos objectifs, si les objectifs que vous suivez vous correspondent toujours, si vos objectifs à court terme servent toujours vos objectifs à moyen terme, pour la réalisation de vos objectifs à long terme.

Les objectifs sont comme des dominos : le premier est un objectif immédiat, les suivants des objectifs intermédiaires et le dernier l’objectif final. Lorsque vous poussez le premier domino, celui-ci pousse les suivants et de proche en proche vous poussez le dernier domino, qui représente votre objectif final.  Anthony Girod

Un domino qui n’est plus à sa place et l’effet domino est rompu. Alors fixez-vous des rendez-vous pour ces bilans réguliers, ils sont vraiment importants. Faites-en une priorité.

  1. Un vaisseau en bon état

Maintenant vous avez un plan de voyage bien préparé, bien réfléchi, qui vous correspond vraiment, et votre boussole à portée de main, êtes-vous prêt à tenir la barre ? Pas tout à fait. Cela peut paraître évident, mais avant de prendre la mer mieux vaut s’assurer que votre bateau est en bon état. Sans entrer dans le détail ici, il s’agit bien sûr de votre hygiène de vie : on dirige mieux sa vie, on réagit mieux aux obstacles qui peuvent se présenter, on cultive plus facilement l’optimisme, quand on est reposé, quand on se nourrit de façon saine et qu’on entretien son corps. Vous trouverez quelques pistes concrètes à ce sujet ici :https://premier-pas-vers-une-nouvellevie.fr/index.php/2018/07/30/5-incontournable…e-vie-plus-saine/

  1. Une radio sur la bonne fréquence pour communiquer avec le port et les autres bateaux

Une dernière chose : vous n’êtes pas seul sur l’océan et vous aurez parfois besoin de faire escale à l’abri d’un port. Pour rester maître de votre vie, ne négligez pas votre entourage. Soignez vos relations, travaillez votre communication avec les autres, car il est plus agréable de voyager à plusieurs. Et lorsque vous aurez besoin de vous mettre à l’abri, vos proches vous offrirons une place au port. Mais soyez aussi capable, si la situation se présente, de vous éloigner des personnes toxiques qui vous tirent vers le bas, qui vous écartent de votre route : pas la peine de les suivre droit dans la tempête avec votre bateau !

Voilà, vous êtes maintenant le capitaine de votre vie et vous l’aurez compris : prendre sa vie en main, c’est être responsable, acteur, engagé et persévérant. Ce n’est pas facile, mais le voyage en vaut la peine, au moins autant que la destination. Bon vent !

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Comment changer enfin ses mauvaises habitudes, en 3 étapes clés

 

Faites la guerre à vos mauvaises habitudes et gagnez-la ! 

PREMIÈRE ÉTAPE – Définissez clairement ce dont vous ne voulez plus 

Pour combattre un ennemi efficacement, il faut parfaitement le connaître. La première étape va donc consister à bien cerner l’habitude dont vous voulez vous défaire. Sur une feuille de papier, notez les réponses aux questions suivantes :

  • Quand ce comportement se produit-il, quels sont ses déclencheurs, dans quel contexte… ?
  • Quel est l’impact négatif de la mauvaise habitude sur votre vie, sur votre corps, vos finances, sur l’utilisation que vous faites de votre temps, etc.…
  • Si vous avez pris cette habitude, aussi mauvaise soit-elle, c’est qu’elle vous a apporté un certain plaisir, un avantage, une facilité. Recherchez ce côté positif de l’habitude que vous voulez combattre : cela vous sera très utile à l’étape suivante, vous verrez !

Pourquoi cet exercice ? Parce que pour changer il faut d’abord une véritable prise de conscience, qui alimentera votre motivation et confortera votre décision de changer. Ne vous contentez pas d’une vague intention de changer, d’un sentiment diffus que « ce serait bien si… ».

En effet, changer nous demande de sortir de notre zone de confort. Or notre esprit n’aime pas ça du tout et il va nous concocter en permanence de multiples mauvaises « bonnes excuses » soi-disant rationnelles, pour nous maintenir dans l’ancienne habitude. Ne vous êtes-vous jamais dit « oh, ce n’est pas grave pour une fois… »…, ou bien  « ça sera mieux plus tard/demain/lundi prochain… », ou encore « de toute façon, je n’y arriverai pas… ». Je suis sûre que cela vous rappelle quelque chose, n’est-ce-pas ?

Définir en détail ce dont on ne veut plus est un préalable fondamental à tout changement : tous les points ce que vous allez lister en décortiquant votre mauvaise habitude seront autant d’arguments solides pour faire taire votre petite voix intérieure négative. Vous aurez défini votre « champ de bataille ».

DEUXIÈME ÉTAPE – Choisissez ce que vous voulez instaurer à la place et définissez-le en détails

Le vide n’existant pas, le meilleur moyen de changer une habitude, c’est de la remplacer par une autre, plus adaptée. Pour vous débarrasser d’une habitude, vous devez donc également réfléchir à ce qui va s’installer à la place et pourquoi. A ce stade, ne vous interrogez pas sur la manière d’y arriver. Visualisez simplement, avec le plus de précisions possibles, ce qui se passera lorsque la nouvelle habitude sera en place. Pour cela, posez-vous les questions suivantes :

  • Quelle meilleure habitude pouvez-vous développer pour contrer l’ancienne ? Attention, il doit s’agir d’un vrai substitut à l’habitude dont vous voulez vous défaire. Pas d’une frustration qui vous fera inévitablement retomber un jour ou l’autre dans vos anciens travers. Par exemple : si vous voulez changer votre alimentation, ne remplacez pas vos plats en sauce bien gras par des légumes cuits à la vapeur, ça ne marchera pas sur le long terme. Au contraire, cuisinez vos légumes frais de manière gouteuse, cherchez de nouvelles recettes, faites-vous plaisir, même si le plaisir est différent. Et surtout, faites simple ! Ne tombez pas dans le piège des solutions miracles.
  • Définissez clairement, en détails et en termes positifs, la nouvelle habitude que vous voulez ancrer dans votre vie.
  • Lister les motivations qui vous poussent à entreprendre ce changement. Vous pouvez vous inspirez de la liste des impacts négatifs de l’ancienne habitude que vous avez dressée à l’étape 1, mais n’oubliez pas d’énumérer aussi les avantages que va vous procurer la nouvelle habitude en elle-même ; l’objectif est que vous soyez quasiment capable de « ressentir » tout le bien que vous apportera la nouvelle habitude.

Tout comme pour l’étape 1, prenez note de tous ces détails pour pouvoir vous y référer régulièrement. Faites-en un tableau attractif : si votre motivation faiblit, vous pourrez y puiser de quoi la regonfler ! Vous aurez là vos « armes de guerrier » !

TROISIÈME ÉTAPE – Instaurez la nouvelle habitude à la place de l’ancienne

A l’étape 1, vous avez identifié les situations à risque, celles qui ont tendance à déclencher la mauvaise habitude. A l’étape 2, vous avez identifié ce que vous pouvez mettre en œuvre à la place lorsque ces situations à risque se produisent. Votre stratégie sera donc de « dégainer une des armes » définies à l’étape 2, lorsque vous vous trouverez sur le « champ de bataille » délimité à l’étape 1. Par conséquent :

  • Ayez toujours vos « armes » à portée de main. Par exemple, les légumes dans votre frigo pour remplacer les plats cuisinés caloriques du commerce ; le livre de chevet passionnant qui vous évitera de rester trop tard devant la télé ; les baskets pour prendre l’air au lieu de grignoter ; la bouteille d’eau pour boire au lieu de fumer….. L’important est de faire en sorte d’être prêt à affronter les situations critiques sans être en état de frustration. Souvenez-vous que l’objectif est de remplacer quelque chose qui vous plaisait (mais vous faisait du mal) par quelque chose qui vous plait (et vous fait du bien).
  • noter ce que vous entreprenez pour mettre en place la nouvelle habitude (par exemple en cochant sur un calendrier) chaque fois que vous avez réalisé la chose dont vous voulez faire une habitude. Visualiser votre parcours : cela vous aidera à vous rappeler qu’il s’agit d’un “parcours” et qu’il faut donc être persévérant.
  • marquer vos progrès : personnellement, étant très visuelle, je dessine un petit soleil jaune sur mon calendrier pour une semaine réussie; pour un mois réussi, je m’offre un petit plaisir. Et quand je dis “réussi”, ce n’est pas forcément parfait, mais dès lors qu’il y a progrès, pour moi c’est “réussi”. Trouvez vos astuces pour acter vos progrès : cela peut paraître simpliste, mais cela entretient vraiment la motivation.
  • Parfois, il pourra aussi être utile de revoir votre objectif en cours de route, pour l’adapter à la réalité que vous aurez expérimentée en mettant en œuvre l’habitude telle que définie au départ. Cela signifie qu’il faut vous observer, sur le parcours d’ancrage d’une nouvelle habitude, être à votre écoute.
  • Donnez-vous le temps nécessaire. Je vous ai déjà mis en garde contre les solutions miracles. Elles vous promettent souvent des résultats faciles et rapides. Mais nous savons tous que cela ne fonctionne pas comme ça. Non seulement les résultats ne tiennent pas sur le long terme, mais ces solutions-là se font souvent payer au prix fort, au détriment de notre santé et de nos finances, pour nous faire retomber plus bas que nous étions au départ ! Alors soyez patients ! Acceptez que le changement se fasse dans la durée et pas d’un simple coup de baguette magique.
  • Acceptez aussi l’imperfection de la période d’ancrage de la nouvelle habitude.  La conséquence du temps que requière une habitude pour se mettre en place est que le résultat ne sera pas parfait tout de suite. Il faut des semaines, parfois des mois pour ancrer une nouvelle habitude. Le parcours est forcément parsemé de petits échecs, de périodes où vous aurez du mal. Le sachant, soyez indulgent avec vous-même : comme quand on tombe de cheval, il faut simplement tout de suite se remettre en selle. Vous verrez qu’avec le temps, votre volonté sera de plus en plus solide, à mesure que la nouvelle habitude s’ancrera dans votre quotidien. Personnellement, j’ai souvent constaté que plus la nouvelle habitude que l’on met en place s’adapte à nos besoins réels, plus la satisfaction de sa mise en œuvre est grande; et plus nous ressentons de la satisfaction à faire quelque chose, plus nous avons envie de le refaire. Un cercle vertueux s’installe et, peu à peu, la nouvelle habitude s’ancre tout simplement parce qu’elle nous fait du bien.
  • Enfin, surtout ne lâchez rien ! Nombreux sont ceux jettent l’éponge trop vite, persuadés qu’ils n’y arriveront pas. C’EST FAUX. Il est normal de connaître des échecs. Souvenez-vous que “Réussir, c’est tomber 7 fois et se relever 8 fois” (proverbe japonais). Alors, ne vous flagellez pas parce qu’il y a des dérapages, la vie n’est pas un long fleuve tranquille ! Et bien sûr, relisez régulièrement vos notes des étapes précédentes : il faut soutenir le moral des troupes pour gagner une guerre!  Et vous verrez que, comme disait Winston Churchill, « Le succès n’est pas final, l’échec n’est pas fatal : c’est le courage de continuer qui compte » !

Vous avez des astuces pour adopter changer d’habitude ou bien des difficultés particulières à le faire ? N’hésitez pas à les partager avec nous dans les commentaires ci-dessous.

Les 3 portes de la sagesse

Un jeune Prince rencontra un Vieux Sage. – Éclaire-moi sur le Chemin de la Vie, demanda le Prince. – Je vais te donner quelques indications.  Sur ta route, tu trouveras trois portes. Lis les préceptes inscrits sur chacune d’elles. Ne cherche pas à t’en détourner. Va, maintenant. Suis cette route, droit devant toi. Le Vieux Sage disparut et le Prince s’engagea sur le Chemin de la Vie.

Sur la première porte on pouvait lire : “Change le Monde.”C’est bien mon intention, pensa le Prince, car certaines choses ne me conviennent pas. Et il entama son premier combat : Se confronter au monde. Il commença à entreprendre, à conquérir, à modeler la réalité selon son désir. Il rencontra à nouveau le Vieux Sage qui lui demanda : – Qu’as-tu appris sur le chemin ? – J’ai appris, répondit le Prince, à discerner ce qui est en mon pouvoir et ce qui ne l’est pas. – C’est bien, dit le Vieil Homme. Utilise tes forces pour agir sur ce qui est en ton pouvoir. Oublie ce qui échappe à ton emprise. Et il disparut.

Peu après, le Prince se trouva face à la seconde porte. On pouvait y lire : “Change les Autres.”– C’est bien mon intention, pensa-t-il. Les autres sont source de plaisir, de joie mais aussi de douleur et d’amertume. Il chercha à infléchir le caractère de ses semblables et à extirper leurs défauts. Ce fut là son deuxième combat. Puis il croisa le Vieux Sage qui lui demanda : – Qu’as-tu appris sur le chemin ? – J’ai appris, répondit le Prince, que les autres ne sont pas la cause ou la source de mes joies et de mes peines, ils n’en sont que le révélateur car c’est en moi que prennent racine toutes les choses. – Tu as raison, dit le Sage. Par ce qu’ils réveillent en toi, les autres te révèlent à toi même. Et le Vieil Homme disparut.

Peu après, le Prince arriva devant la troisième porte où figuraient ces mots : ”Change-toi toi-même.”Si je suis moi-même la cause de mes problèmes, c’est bien ce qui me reste à faire, se dit-il. Et il entama son troisième combat. Il chercha à infléchir son caractère, à combattre ses imperfections, à supprimer ses défauts. Il connut quelques succès mais aussi des échecs et des résistances. Le Prince rencontra le Sage qui lui demanda : – Qu’as-tu appris sur le chemin ? – J’ai appris, répondit le Prince, qu’il y a, en nous, des choses qu’on peut améliorer, d’autres qui nous résistent et qu’on n’arrive pas à briser. Mais je commence à être las de me battre contre tout, contre tous, contre moi-même. Cela ne finira-t-il jamais ? J’ai envie de cesser le combat, de lâcher prise. – C’est justement ton prochain apprentissage, dit le Vieux Sage. Mais avant d’aller plus loin, retourne-toi et contemple le chemin parcouru. Et il disparut.

Regardant en arrière, le Prince vit dans le lointain la troisième porte et s’aperçut qu’elle portait sur sa face arrière une inscription qui disait : “Accepte-toi toi-même.”Le Prince s’étonna de ne point avoir vu cette inscription lorsqu’il avait franchi la porte la première fois, dans l’autre sens. – Quand on combat, on devient aveugle se dit-il. Il vit aussi, gisant sur le sol, ses ombres, ses peurs, ses limites, tous ses vieux démons qu’il avait rejetés. Il apprit alors à les reconnaître, à les accepter, à les aimer. Il apprit à s’aimer lui-même sans plus se comparer, se juger, se blâmer. Il rencontra le Vieux Sage qui lui demanda : – Qu’as-tu appris sur le chemin ? – J’ai appris, répondit le Prince, que détester ou refuser une partie de moi, c’est me condamner à ne jamais être en accord avec moi-même. J’ai appris à m’accepter moi-même, totalement. – C’est bien, dit le Vieil Homme, c’est la première Sagesse. Maintenant tu peux repasser la troisième porte.

À peine arrivé de l’autre côté, le Prince aperçut au loin la face arrière de la seconde porte et y lut : “Accepte les Autres.”Tout autour de lui il reconnut les personnes qu’il avait côtoyées dans sa vie. Celles qu’il avait aimées et celles qu’il avait détestées.  Celles qu’il avait soutenues et celles qu’il avait combattues. Mais à sa grande surprise, il était maintenant incapable de voir leurs imperfections, leurs défauts, ce qui autrefois l’avait tellement gêné et contre quoi il s’était battu. Il rencontra à nouveau le Vieux Sage. – Qu’as-tu appris sur le chemin ? demanda ce dernier. – J’ai appris, répondit le Prince, qu’en étant en accord avec moi-même, je n’avais plus rien à reprocher aux autres, plus rien à craindre d’eux. J’ai appris à accepter et à aimer les autres totalement – C’est bien, dit le Vieux Sage. C’est la seconde Sagesse. Tu peux franchir à nouveau la deuxième porte. 

Arrivé de l’autre côté, le Prince aperçut la face arrière de la première porte et y lut : “Accepte le Monde. “Curieux, se dit-il, que je n’aie pas vu cette inscription la première fois. Il regarda autour de lui et reconnut ce monde qu’il avait cherché à conquérir, à transformer, à changer. Il fut frappé par l’éclat et la beauté de toute chose.  C’était pourtant le même monde qu’autrefois. Était-ce le monde qui avait changé ou son regard ? Il croisa le Vieux Sage qui lui demanda : – Qu’as-tu appris sur le chemin ? – J’ai appris, dit le Prince, que le monde est le miroir de mon âme. Quand elle est enjouée, le monde lui semble gai. Quand elle est accablée, le monde lui semble triste. En réalité le monde, n’est ni triste ni gai. Il est là, il existe, c’est tout. Ce n’était pas le monde qui me troublait, mais l’idée que je m’en faisais. J’ai appris à l’accepter sans le juger, totalement. – C’est la troisième Sagesse, dit le Vieil Homme. Te voilà à présent en accord avec toi même, avec les autres et avec le Monde.

Un profond sentiment de Paix, de Sérénité, de Plénitude envahit le Prince… Et le Vieil Homme disparut.

Auteur:  Charles Brulhart - source: www.metafora.ch